Valerie fayolle ecriture roman

L’écriture


L’écriture a toujours été un refuge. Un territoire aussi intime que secret. Le plus grand espace de liberté. Cet endroit étrange où l’on ne ment pas alors que presque tout est inventé. Avant de saisir son stylo, il faut accepter de faire sauter les verrous, de rejoindre les zones d’inconfort et d’explorer cet univers qui ne connaît pas d’interdits. À ce moment là seulement, la fiction peut exister grâce à des personnages habités,traversés par des émotions fortes.

valerie fayolle construction roman

La construction


Il y a quelque chose de très maîtrisé dans la construction de mes romans et de mes pièces. Avant d’écrire, j’ai besoin d’établir un plan précis, de connaître à l’avance les principaux rebondissements de mon intrigue et la chute de mon histoire. Cela me rassure.

Le reste relève de la magie. Soudain, l’écriture devient spontanée. Un fleuve tumultueux qui m’emmène là où je ne pensais pas aller. Je me laisse emporter par les flots, je m’éloigne du rivage initial et je remets souvent en question le plan et le débouché final. J’ai toujours eu le sentiment que l’écriture émanait d’une force plus grande que moi. Je n’ai jamais compris ni essayé de comprendre comment les mots s’imposaient à moi, comment les idées prenaient vie sur le papier. L’écriture se vit dans l’instant et dans l’instinct... et s’oublie très vite ce qui peut être assez déconcertant.

L’inspiration


j’ai eu envie d’entrer dans la fiction pour échapper à la réalité et pourtant, l’inspiration première, je la trouve toujours dans cette trivialité du réel. Je vois, je regarde, j’entends, j’expérimente, je ressens... Et ensuite je brode, j’extrapole, je transpose, j’entre dans l’imaginaire.

Quand je termine l’écriture d’une pièce ou d’un roman, tout a été inventé... mais l’étincelle puisée dans le réel me relie par un fil invisible à un ou à plusieurs personnages, à certaines situations aussi.

bureau de valerie fayolle

Mon désordre


Affligée par un grand désordre intérieur, j’imagine facilement des situations chaotiques avec des personnages sur le fil, un peu cabossés, que je pousse toujours plus loin vers le précipice... C’est la raison pour laquelle j’aime explorer les secrets de famille, les accidents de la vie, les grands tourments, les équilibres instables.

Je suis animée par l’idée que quelque soit l’âge de la vie, il n’est jamais trop tard pour renouer avec le cours de son destin. J’aime créer des personnages qui se cherchent, se perdent, se trompent et qui à 30, 50 ou 70 ans changent de train et de destination pour embrasser une nouvelle vie. L’idée du perpétuel recommencement m’a toujours séduite.

salle de theatre pepiniere

Le théâtre


Le théâtre, c’est la possibilité de faire vivre sur scène les personnages que l’on crée. Plus nerveuse, l’écriture est rythmée par les dialogues. La construction aussi diffère de celle d’un roman. J’ai tendance à bâtir des intrigues avec beaucoup de rebondissements pour que la pièce soit jouée tambours battants.

C’est très réjouissant d’observer le montage d’une pièce, de voir comment les comédiens vont s’approprier vos mots et se glisser dans la peau de vos héros de papier. L’aventure est beaucoup moins solitaire que l’écriture de romans. Avec l’intervention des différents protagonistes, des producteurs au décorateur en passant par les costumiers ou les affichistes, la création devient collégiale. Votre pièce est confiée à un metteur en scène qui va diriger les acteurs avec ses émotions, sa vision, sa compréhension personnelle du texte. Cela nécessite de lâcher prise, d’accepter de confier votre histoire et de la voir évoluer là où seule vous n’auriez pas imaginé l’emmener.

valerie fayolle en studio d'enregistrement

La musique


La musique est une histoire dans l’histoire. Elle accompagne mes premiers romans. Dans “KM 930”, au fil de la plume et de la progression des bornes kilométriques, une bande- son est apparue dans l’autoradio de la Spider Alpha Roméo qui est le vecteur de l’histoire, le véhicule de l’héroïne. Il y a des morceaux choisis dans ma playlist personnelle, mais aussi des titres originaux écrits et composés spécialement pour cette épopée de Paris à la Méditerranée. Les chansons entrent en résonance avec l’intrigue et offrent une réverbération aux sentiments éprouvés par la conductrice, Lisa. Elles proposent une « lecture augmentée » du road trip.

Un seul titre, « Shot de Gin », accompagne « La Robe du Jaguar». C’est le premier single de mon héroïne, Rose Dessables et c’est donc, sous son nom, que la chanson est disponible sur les plateformes musicales. Là encore, la musique permet au lecteur de vivre plus intensément l’intrigue.

valerie fayolle tournage emission

Le journalisme


Le journalisme est mon métier. Le premier chemin aussi que j’ai trouvé pour raconter des histoires. D’abord reporter, je me suis rapidement spécialisée dans les faits de société pour relater les grandes transformations de notre époque et tendre le micro aux hommes et aux femmes qui sont au coeur du changement ou qui, au contraire, le subissent. Je me suis passionnée pour l’évolution du droit de la famille, la place des femmes, les liens du sang, les naissances sous X, le secret des origines.

Et puis, j’ai participé à la création de France 24 en présentant le tout premier journal de la chaîne le 6 avril 2006 à 20h. Après plusieurs années de présentation de l’actualité, j’ai fini par souffrir de n’être que le messager des mauvaises nouvelles. Alors j’ai imaginé une émission culturelle. “le paris des arts” est une passerelle entre les différentes formes d’expressions artistiques et met en valeur les artistes de notre époque. C’est un programme qui je l’espère, procure du bonheur, de la beauté et un espace de réflexion intime sur la vie. 

bougie qui represente la spiritualite

La spiritualité


La spiritualité est souvent présente dans mes écrits. Parce que nos croyances, quelles qu’elles soient, nous poussent à interroger nos trajectoires et la réalité qui nous entoure. Surtout, elles ouvrent la voix à une réflexion qui échappe à toute forme de rationalité ce qui pour un auteur est une source inépuisable d’inspiration. Et si la spiritualité ouvrait les portes de l’âme? J’aime cette idée à la fois poétique et réconfortante.

valerie fayolle entrain de sculpter

La sculpture


La sculpture et l’écriture sont complémentaires et procurent d’ailleurs des émotions assez similaires. Quand je mets mes mains dans l’argile, je connais le point de départ mais je suis toujours étonnée de constater que le résultat échappe à l’idée originelle. C’est la terre qui décide. Et l’esprit qui s’évade en chemin. Sculpter nourrit mon imaginaire, notamment la construction de mes personnages de fiction. Je leur donne un visage, je les regarde sous un autre angle. Tout à coup, ils deviennent charnels et ce sont eux qui plantent leurs yeux dans les miens!